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Les dysfonctions érectiles touchent 150 millions d'hommes dans le monde. Leur prise en charge est encore peu assurée mais elle peut comprendre différentes solutions. Parmi ces solutions, la pose de prothèses péniennes - ou implants péniens. On en dénombre 750 par an en France. Voici tout ce qu'il faut savoir à ce sujet.

Généralités sur les prothèses péniennes

Les prothèses péniennes représentent une solution de « troisième intention », c'est-à-dire qu'elles apparaissent dans l'arsenal thérapeutique lorsque les autres traitements ne fonctionnent pas ou ne peuvent être recommandés pour les patients.

Ces autres traitements sont : les traitements médicamenteux par voie orale tels que le viagra ou le cialis, les traitements par injection de vasodilatateurs dans les corps caverneux.

Ces différents traitements sont parfois contre-indiqués du fait de l'état général du patient (diabète, troubles cardio-vasculaires) ou ne sont pas efficaces. Le patient peut alors faire le choix de la pose d'un implant pénien. Les blessés medullaires peuvent aussi bénéficier de cet appareillage.

Ainsi les différentes indications sont :

  • le diabète ;
  • les troubles cardio-vasculaires ;
  • les patients ayant subi une prostactectomie et souffrant de dysérection à la suite d'un cancer de la prostate ;
  • les patients ayant subi des traumatismes pelviens ou du pénis ;
  • les maladies congénitales ;
  • la maladie de Lapeyronie ;
  • au cours d'une chirurgie pour construire ou reconstruire le pénis (phalloplastie) ;
  • les lésion des nerfs.

Lorsque l'implantation d'une prothèse pénienne est la dernière solution permettant d'atteindre et/ou de maintenir une érection suffisante dans les rapports sexuels avec pénétration, le parcours de décision reste complexe.

En effet, cette décision doit être prise de concert entre le patient, l'équipe pluridisciplinaire qui l'a pris en charge et également sa/son partenaire. Le choix de la prothèse sera ensuite fonction des antécédents médicaux, de l'anatomie du pénis et des demandes spécifiques du patient (esthétisme, utilisation...) ainsi que de son habileté.

Différents types d'implants péniens

Le pénis est l'organe de la copulation et de la miction. Il est constitué de deux corps caverneux et d'un corps spongieux entourant l'urêtre. Il se termine par le gland.

Les corps caverneux sont recouverts d'une membrane épaisse, l'albuginée. Le pénis est recouvert d'une peau (le fourreau) qui se termine par un repli qui recouvre le gland (le prépuce). L'innervation et la vascularisation du pénis sont assurées par des artères et des nerfs qui se trouvent le long de la face dorsale (Association française d'urologie, 2012).

Un implant pénien est un dispositif médical en biomatériaux inertes (élastomère de silicone). On l'implante dans les corps caverneux défaillants. Il existe deux sortes d'implants : des implants semi-rigides et les implants gonflables :

  • Les implants semi-rigides, entraînent une érection artificielle permanente : ils sont faciles d'utilisation mais moins esthétiques et moins pratiques dans la vie quotidienne. L'intervention est plus simple, plus rapide et présente moins de risques infectieux.
  • Il existe deux sortes d'implants gonflables : à 2 ou 3 compartiments. Ils sont constitués de cylindres creux reliés à une pompe, et d'un réservoir pour les 3 compartiments. Au repos, le pénis est souple et c'est en gonflant les cylindres via la pompe et l'injection de liquide physiologique que l'on produit une érection. Les implants gonflables nécessitent une certaine habileté pour leur utilisation. Ils sont plus proches d'une sensation naturelle, notamment les implants à 3 compartiments. Il existe des risques de mauvais fonctionnement ou de fuites.

Prothèses péniennes : comment se déroule l'intervention ?

L'intervention dure entre 45 minutes et 2 heures sous anesthésie générale ou rachi-anesthésie. Elle est pratiquée par l'urologue. L'hospitalisation est courte, entre 48 et 72 heures.

Les douleurs s'estompent généralement au bout de 7 à 10 jours et l'on peut reprendre une activité sexuelle à leur disparition complète (entre 4 et 6 semaines) après accord du chirurgien.

Comme toute intervention chirurgicale, elle présente de potentielles complications qui restent rares :

  • le risque majeur est l'infection qui peut être précoce (6 à 7 %), on la traite alors par antibiothérapie ; ou tardive, jusqu'à plusieurs années, et nécessiter alors le retrait de l'implant ;
  • un hématome ;
  • une panne mécanique à moyen ou long terme ;
  • une absence de satisfaction sexuelle.

La pose d'une prothèse pénienne est un acte chirurgical lourd et irréversible que l'on propose en dernière solution aux hommes afin qu'ils puissent retrouver une érection. Cette intervention se fait assez peu mais présente un taux de satisfaction important, entre 70 et 98 % selon les études.

Selon le Journal of Sexual Medicine, son utilisation a diminué au fil du temps excepté pour les patients avec des comorbidités sévères.

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