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L’orchite est une inflammation des testicules le plus souvent associée à une inflammation de l’épididyme. Souvent d’origine infectieuse, elle peut être aiguë ou chronique, survenir chez l’enfant ou l’adulte. Les symptômes sont généralement caractéristiques et suffisent au diagnostic. Le traitement repose sur la prise en charge des symptômes et le traitement de la cause.

Quelles sont les causes de l’orchite ?

L’orchite est une inflammation aiguë ou chronique des testicules, généralement associée à une inflammation de l’épididyme (orchi-épididymite). Il est impossible de distinguer cliniquement l’orchite de l’orchi-épididymite. En pratique, les orchi-épididymites regroupent les épididymites, les orchites et les vraies orchi-épididymites. Une prostatite (inflammation de la prostate) peut également être associée à l’orchi-épididymite.

L’orchi-épididymite est le plus souvent d’origine infectieuse ; les agents pathogènes proviennent soit d’une maladie sexuellement transmissible (MST) chez les hommes jeunes, soit d’une infection des voies urinaires ou de la prostate chez les hommes plus âgés. Plus rarement, l’infection peut résulter d’une infection globale de l’organisme.

Plusieurs agents pathogènes peuvent être en cause :

  • le plus souvent le gonocoque ou les Chlamydia pour les MST (les autres MST donnent plus rarement une orchite) ;
  • une bactérie Escherichia coli, Pseudomonas ou entérocoque pour les infections d’origine urinaire ou prostatique ou suite à un geste médical ;
  • la tuberculose uro-génitale ;
  • le virus des oreillons, avec une orchite qui apparaît 3 à 4 jours après les oreillons. 

L’orchite peut aussi être d’origine traumatique. Chez l’enfant, l’orchi-épididymite est souvent associée à une maladie urinaire congénitale. Enfin, l’orchite peut être d’origine médicamenteuse chez les patients traités par l’amiodarone (médicament contre l’insuffisance cardiaque).

Quels sont les symptômes de l’orchite ?

L’orchite ou orchi-épididymite peut être unilatérale ou bilatérale. Quelle que soit la cause, elle provoque des symptômes caractéristiques :

  • une douleur intense au niveau des testicules et du creux de l’aine, pulsatile et lancinante ;
  • une bourse rouge, douloureuse, avec un œdème ;
  • un épididyme augmenté de volume, parfois avec un nodule dur et douloureux ;
  • une fièvre modérée à forte ;
  • des troubles urinaires dans certains cas.

Lorsqu’elle est due aux oreillons, l’orchite entraîne un risque de stérilité.

Diagnostic de l'orchite

Le diagnostic de l’orchite repose sur les symptômes du patient. Afin de déterminer l’origine de l’orchite et les éventuelles pathologies associées, le médecin prescrit des examens complémentaires :

  • des examens sanguins (numération formule sanguine, syndrome inflammatoire, sérologies de diverses infections) ;
  • des hémocultures (recherches d’agents pathogènes dans le sang) ;
  • des examens urinaires (examen cytobactériologique des urines pour rechercher une infection urinaire) ;
  • un prélèvement de pus urétral pour rechercher un agent pathogène ;
  • un toucher rectal pour détecter une éventuelle prostatite ;
  • une échographie-doppler des testicules ;
  • un uroscanner pour rechercher une anomalie des voies urinaires et génitales.

Quels sont les traitements de l’orchite ?

Le traitement de l’orchite ou de l’orchi-épididymite dépend de la cause de l’inflammation. Comme elle est le plus souvent d’origine infectieuse, un traitement antibiotique est prescrit d’emblée puis adapté à l’agent pathogène responsable en fonction des résultats des analyses bactériologiques. Le traitement est prolongé plusieurs semaines en cas de prostatite associée.

Parallèlement au traitement de la cause, un repos au lit de quelques jours, un traitement anti-inflammatoire et antalgique (anti-douleur) et un suspensoir (repos des testicules) sont prescrits. L’abstinence sexuelle est vivement recommandée jusqu’à la fin de traitement.

Dans la plupart des cas, le patient guérit en quelques jours, avec parfois la persistance d’un petit nodule. Des complications ou des séquelles sont néanmoins possibles :

  • un risque de récidive en cas de traitement insuffisant ;
  • une stérilité liée à une obstruction ;
  • une nécrose du testicule (exceptionnellement). 

Le recours à la chirurgie est rare, réservée aux formes sévères ayant entraîné un abcès ou une nécrose ou aux formes chroniques mal contrôlées par les traitements classiques. De manière exceptionnelle, une ablation de l’épididyme et/ou du testicule peut devenir nécessaire.